˙·٠•●(¯`·._.·[Les Mathématiques au lycée]·._.·´¯) ●•٠·˙
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 "PHILOSOPHIE DE L'ARGENT" DE GEORG SIMMEL

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
ZAKARYA
Admin
avatar

Masculin Nombre de messages : 323
Age : 26
Localisation : Midelt
Emploi/loisirs : Etudiant
Date d'inscription : 11/10/2008

MessageSujet: "PHILOSOPHIE DE L'ARGENT" DE GEORG SIMMEL   Jeu 9 Juil - 1:49

NOTES SUR LA "PHILOSOPHIE DE L'ARGENT" DE GEORG SIMMEL EN RELATION AVEC LE COURS DE TERMINALE.


(Thierry Rogel – Lycée Descartes de Tours)

Les textes de Georg Simmel sont en général trop complexes pour être présentés à des élèves de terminale, pourtant ses idées sont accessibles et restent importantes pour comprendre les problèmes actuels. La "philosophie de l'argent" permet notamment de comprendre quels ont pu être les effets de la monétarisation sur les sociétés humaines, effets économiques mais surtout culturels. Cela peut constituer une aide pour le cours de première sur la monnaie mais aussi pour le chapitre de terminale "Mondialisation et spécificités socio-culturelles" ; c'est sur ce dernier point que nous allons insister. Je ne présente pas la totalité des idées de l'ouvrage de Simmel mais seulement celles qui peuvent servir au cours. (Je délaisse notamment les concepts essentiels de Simmel comme l'interaction, "le pont et la porte", l'objectivation, la différence entre contenu et forme,...) Mon optique étant celle de la vulgarisation, je prends le risque de simplifier ses propos mais je pense être resté fidèle à ce qu'il voulait montrer. J'ai également ajouté des commentaires ou des exemples qui permettent de situer son propos et dont je suis seul responsable.

Le plan comprend trois parties : dans la première, je montre en quoi l'argent a contribué à l'essor de la société moderne. Dans la deuxième, je rappelle un certain nombre de dangers liés à cette monétarisation croissante. Enfin, j'aborderai le problème des liens entre individu et société que permet d'aborder l'analyse de l'argent par Simmel.

Les fonctions et qualités de la monnaie ont favorisé l'émergence de la "modernité"


Les caractéristiques de l'argent


Certaines des "qualités" traditionnelles attendues de l'argent, sa facilité de transport et sa divisibilité, ont des effets indéniables sur l'action humaine.

L'argent permet d'abord aux individus de s'affranchir de la puissance des choses. Un individu qui possède un objet, un marteau, une galerie de peinture,..., sera limité par les fonctions possibles de ces objets ; En revanche, l'argent, qui ne sert à rien en lui-même, peut être converti à tout moment en un objet ou un autre. Il est donc un des fondements de la liberté des hommes vis-à-vis de leur environnement matériel.

Sa facilité de transport permet également à certaines catégories de personnes de vivre ou subsister : les commerçants, bien sûr, mais aussi les migrants, étrangers, les exclus et minoritaires,...Les catégories les plus susceptibles d'être opprimées ou pourchassées auront donc un rapport particulièrement étroit à l'argent, facile à emporter dans sa fuite. On pense évidemment à la situation des juifs. Cela renvoie au thème de "l'étranger", essentiel dans les travaux de Simmel, mais lorsqu'il parle de l'étranger, Simmel retient aussi l'idée de "groupe minoritaire" dans une société (ce peut être l'étranger ou l'immigrant, mais aussi le spéculateur,... On peut actualiser la question en rappelant le rôle du "touriste" dans nos sociétés qui correspond exactement à l'image de "l'étranger" selon Simmel (à la fois dans et en dehors de la communauté) et qui a permis l'essor du marché (le touriste échappe aux catégories "d'ami" ou "d'ennemi" qui sont le propre des relations communautaires et qui ne favorisent pas le marché : Simmel le rappelle, « on ne fait pas d'affaires avec les amis ou avec les ennemis ».

Cette capacité de l’argent à être transportée représente également une « victoire sur l’espace » et favorise les phénomènes d’internationalisation de l’économie (le lien avec le concept actuel de « mondialisation » est évident).

Par ses qualités de "divisibilité", l'argent permet de n'engager qu'une partie de soi même dans les diverses entreprises. L'exemple le plus parlant est celui de la création des "Sociétés Anonymes" dans lesquelles seuls comptent les apports de capitaux. Les sociétaires sont donc interchangeables et leur personnalité n'a aucune influence sur l'entreprise collective. On rejoint ici les idées de Durkheim selon lesquelles les hommes deviennent interchangeables dans le cadre de la division du travail ; Simmel, comme d'autres sociologues, a donc eu conscience du passage des relations communautaires aux relations sociétaires et il montre le rôle particulièrement important de l'argent dans cette évolution.

L'argent est donc un élément qui a permis l'essor de liberté des individus face aux choses et face aux autres individus. Il a favorisé également le caractère anonyme des échanges et "l'objectivation" des phénomènes sociaux.

L'argent comme équivalent général et unité de compte


La révolution que représente "l'invention" de l'argent (à supposer qu'il a été inventé) est sa caractéristique de ne servir à rien sinon d'être échangeable contre tout. Il est donc à la base des capacités de comparaison que développent les individus qui apprennent alors à comparer des objets incomparables : c'est grâce à l'usage de l'argent que l'on peut dire qu'un compact-disc "vaut" cinq paquets de cigarettes. Dans le cadre du troc, on pouvait déjà faire ce genre de comparaison mais elle restait largement dépendante d'appréciations individuelles (il est probable que les "termes de l'échange" se modifient d'un échange à l'autre) ; certes, il est possible que, même dans le cadre du troc, un terme de l'échange s'impose à tous les échanges mais cette "objectivation" va se renforcer avec l'usage de l'argent. L'argent aura donc deux effets sur les échanges - il rendra les termes de l'échanges indépendants des appréciations individuelles (il convient de rappeler que les mécanismes de marché ne sont pas le résultat d'une action individuelle mais d'une agrégation d'actions individuelles) et il favorisera le développement du "relativisme", c'est à dire la capacité à comparer des choses différentes et donc à s'abstraire de la "nature" de ces choses.

Cette capacité à évaluer et à comparer va s'étendre également à la personne humaine. Simmel remonte à la pratique du "wergeld" ou "prix du sang". Selon cette pratique ancienne, le meurtre d'un individu devra être compensé par une somme d'argent, cette somme différant suivant l'importance sociale de la personne et les liens de parenté qui l'unissent à celui à qui on paiera le "wergeld" ; par cette pratique on tend à donner une valeur à la vie humaine. Puis, peu à peu, et notamment sous l'action du christianisme, on tendra à donner la même valeur aux hommes puis à considérer que la personne n'a pas de prix. Il faut donc voir que pour passer à cette idée selon laquelle toute vie individuelle est sans prix, il a fallu passer par l'évaluation en argent de la vie.

Les relations monétaires vont également être un élément de la liberté humaine dans les relations sociales. Il faut voir que Simmel accorde beaucoup d'importance à l'idée "d'humiliation" ou "d'indignité" dans les relations. Traditionnellement les relations hiérarchiques sont "personnalisées" et empreintes d'humiliation- à l'image des relations entre serfs et seigneurs. En revanche, les relations monétarisées comme celles qui existent entre le salarié et le patron- ont un caractère impersonnel et unissent en réalité des groupes sociaux et non des individus. Cette impersonnalisation des rapports sociaux favorise la liberté des individus, même si l'état du marché du travail peut rendre certaines situations très précaires. On peut trouver un exemple, anecdotique mais significatif, avec la généralisation des « journaux de rue » (le réverbère, la rue,...). Alors que la pratique de la « manche » impose d’être demandeur et de jouer sur la compassion du donataire, le fait de vendre un journal de rue permet de substituer une relation marchande à la seule charité (ou de masquer celle ci par celle là). Physiquement, le simple fait de s'adresser à un vendeur qui est debout et qui peut vous regarder en face illustre bien la différence avec celui qui fait la manche, qui est assis (voire dans une parodie de prière) et regarde le donateur d'en bas.

Cependant, il ne faut pas concevoir l'argent comme une "cause" des évolutions sociales mais comme les accompagnant : généralisation et abstraction croissante des relations, croissance de la liberté individuelle, capacité à comparer et "relativisme". L'argent n'est qu'un instrument parmi d'autres de cette évolution : Simmel montre qu'il agit dans le même sens que le "Droit" et que "l'Intellect" (concept assez proche de la "rationalisation" chez Weber). Le Droit, par exemple, développe des règles valables pour tous ("généralisation"), de plus en plus souvent fondées sur la Raison ("intellect"), transposables à divers cas ("abstraction") et favorisant la liberté des individus (cf. Durkheim : la règle libère).

L'argent, moteur de l'évolution économique


Je ne reprendrai pas ici les conceptions économiques de Simmel qui sont assez subtiles.

L'important pour nous est que la divisibilité accrue de l'argent favorise les prises de risque (on risque plus facilement plusieurs fois de petites sommes qu'une seule fois une grosse somme) et accroît l'activité économique. De plus, l'utilisation croissante de l'argent permet de baisser le prix relatif des biens de luxe par rapport aux autres biens et permet donc à l'ensemble de la population d'accéder aux biens de luxe. Or, le besoin de distinction est un des besoins fondamentaux des individus (Simmel est un des théoriciens les plus importants de la mode) : ce rapprochement des niveaux de vie incitera les consommateurs les plus aisés à chercher de nouveaux biens afin de se distinguer des autres, ils seront ensuite "rattrapés" par les autres et ainsi de suite. On voit que ce mouvement se fait corrélativement à l'émergence de la classe moyenne (Simmel est un des premiers à avoir vu le rôle essentiel de cette, ou de ces, classe moyenne). L'argent accroît non seulement l'activité économique mais surtout accroît le rythme de la vie économique et de la vie en général.

Enfin, d'après Simmel, l'usage de l'argent régularise les fluctuations économiques et le vingtième siècle devrait sortir des successions de crise de surproduction. On peut penser qu'il s'est trompé, néanmoins il fait mention de possibilités de crises financières, dont nous parlerons plus loin.

Cependant, Simmel retient toujours les effets positifs et négatifs d'un phénomène. Ainsi l'essor de la monétarisation de la société est gros de nombreux dangers.

_________________
«Rien n'est plus proche du vrai que le faux.»
[ Albert Einstein ]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://matheux.jeun.fr
ZAKARYA
Admin
avatar

Masculin Nombre de messages : 323
Age : 26
Localisation : Midelt
Emploi/loisirs : Etudiant
Date d'inscription : 11/10/2008

MessageSujet: Re: "PHILOSOPHIE DE L'ARGENT" DE GEORG SIMMEL   Jeu 9 Juil - 1:50

Les dangers liés à la monétarisation croissante de la société


Les pouvoirs de l'argent


Si l'argent est un facteur essentiel de liberté, il n'empêche qu'il autorise également de nouvelles formes de pouvoir et de supériorité que Simmel appelle "superadditums". Ainsi, le possesseur de l’argent, produit inaltérable, est toujours avantagé dans l’échange sur le vendeur de biens (on peut en trouver un exemple avec le pouvoir des intermédiaires dans l’échange ou des grandes surfaces par rapport aux producteurs). De plus, "on ne prête qu'aux riches", ce qui est vrai économiquement et socialement : les riches obtiendront considérations et avantages inaccessibles aux pauvres et pourront se permettre, luxe incomparable, d'afficher un "mépris aristocratique de l'argent". Ces éléments permettent de rappeler que l'argent n'est pas seulement un phénomène économique et donc qu'il peut être désiré pour lui-même.

S'il permet aux minorités de vivre, l'argent favorise aussi leur oppression : il est facile d'exproprier ou de léser un possesseur d'argent. Ainsi, pour Simmel, "l'aristocratie d'argent" est fragile et est toujours susceptible de déclassement social.

La destruction de liens sociaux


En favorisant les relations sociétaires, l’argent participe à la dissolution des relations communautaires en n’épargnant que la famille et l’amitié, et, à un autre extrême, le sentiment patriotique ou de l’appartenance à une communauté humaine.

Les crises financières


L'usage de l'argent, en rendant les relations économiques plus objectives, tend à "lisser" les fluctuations économiques. Pourtant, cela n'empêche pas la possibilité de crises financières mais celles ci proviennent du fait que l'argent est en train de perdre ses aspects "objectivants". En effet, en cas de "bulle financière", les individus fixent la valeur des choses, et de l'argent, non plus en fonction d'une donnée "objective" mais en fonction de ce qu'on estime être l'estimation faite par les autres, d'où les phénomènes de "bulle spéculative" et de "panique boursière"; il s'agit donc d'un retour vers la fixation "subjective" de la valeur de l'argent. Cette grille de lecture particulière a été développée par un économiste contemporain, André Orléan.

Les dangers du relativisme


En développant le "relativisme" et la capacité de comparer, l'argent risque de mener à un excès, qu'on finisse par penser que "tout vaut tout". Dans ce cas l'argent reste la "valeur ultime". Il n’est pas difficile de trouver des exemples actuels liés à la télévision et à l’audimat, par exemple, ou au cinéma,... Cela aboutit au déclin de la « distinction » (au sens que chaque chose est différente d’une autre et non interchangeable. Simmel s'attache particulièrement au problème de la distinction de la personne. L'effet "niveleur" qui touche les objets s'exercera également sur les individus : chacun devient semblable à son prochain, on ne distingue plus les compétences des uns et des autres (ce n'est pas sans rappeler la "tyrannie de la majorité" de Tocqueville). Cependant Simmel espère que trois domaines resteront épargnés de ces effets niveleurs de l'argent : la culture, le corps et la dignité humaine. On voit que ses espérances risquent aujourd'hui d'être battues en brèche. On pourra utilement utiliser les thèmes relatifs au trafic d'organes, à la "procréation médicalement assistée" et, bien sûr, aux effets de la "mondialisation" sur certains domaines culturels (notamment le cinéma).

Les caractères liés à l'argent


Simmel cherche toujours à faire le lien entre les données "macro sociales" et "micro sociales" et, plus encore, entre les données sociologiques et psychologiques. Ainsi, il essaie d'établir un lien logique entre l'usage de l'argent et certaines formes psychologiques; il en retient six, qui peuvent aussi bien être perçues comme des formes anormales ou normales suivant la place occupée dans une société. Il démarre son raisonnement de l'idée de "séries téléologiques", terme compliqué pour décrire la succession des opérations qui accompagnent l'usage de l'argent. Ainsi, la série logique de l'usage de l'argent est la suivante :

"Possession de l'argent ==> dépense==> jouissance de l'objet obtenu".

Cependant, cette série peut être rompue en différents points, ces ruptures correspondant à des profils psychologiques particuliers. Ainsi, la cupidité correspond au seul désir de possession de l'argent (la chaîne est rompue dès son origine); l'avarice, sentiment proche, correspond à l'incapacité de se départir de l'argent obtenu. Le but de l'individu peut également se retrouver dans la seule dépense, nous sommes alors dans le cas de la "prodigalité". Mais la chaîne peut être refusée dans son ensemble : ce sera le cas du dénuement ou de la pauvreté recherchée par l’individu et parfois valorisée par le groupe social (la recherche du salut de l’âme par le refus de la richesse ou du confort. On peut remarquer que l'utilisation de cette chaîne permet de retrouver un certain nombre de thèses sociologiques : la recherche de la possession d'argent et le refus de la dépense peut, dans une certain mesure, être rapprochée des thèses de Weber (où "l'avarice" est encadrée par un système de valeurs); la rupture de la chaîne au moment de la dépense nous rapproche de Veblen,...

Cependant les dispositions psychologiques qui intéressent le plus Simmel sont à rechercher à la fin de la chaîne téléologique : l'argent, en rendant tout comparable et interchangeable, aboutit aussi à niveler les valeurs. On a donc de plus en plus l'impression que "tout vaut tout" ou que "rien ne vaut plus rien". Certains individus vivront dans cette illusion et constituent la figure du "blasé" ; d'autres sont conscients, qu'en réalité il existe bien des différences de valeur, mais ramèneront volontairement tout au même plan, il s'agit du "cynisme". La lassitude (le blasement) et le cynisme constituent pour Simmel les deux profils psychologiques typiques des sociétés modernes et des grandes métropoles. Comme l'individu a toutefois besoin d'être constamment "excité" émerveillé, surpris,... il aura besoin de chercher de nouvelles activités, de nouveaux excitants,... d'où l'accélération du rythme de vie urbain, le rôle central des phénomènes de mode, l'usage de divers dérivatifs (fêtes, alcools, substances plus ou moins licites,...),... Le phénomène reste d'actualité et chacun trouvera des exemples adéquats (raves, saut à l'élastique,..., les ouvrages d'A. Erhenberg semblent utiles pour cette question.

L'argent et la communauté


Contrairement à certaines perceptions économiques, l'argent ne peut pas être analysé dans une optique individualiste, ne serait ce que parce que le possesseur de monnaie ne dispose pas d'un droit sur un individu en particulier mais d'un droit sur l'ensemble de la société (ou, plus précisément sur l'ensemble de son domaine marchand, c'est la conséquence de son pouvoir libératoire). Ce problème nous amène à une question très actuelle qui est celle de la valeur de l'argent et des résultats de sa dématérialisation. En effet, Simmel reconnaît que l'argent n'a pas besoin d'avoir une valeur intrinsèque pour fonctionner et qu'il lui suffit d'exister en une certaine quantité, sa valeur se fixant en fonction de la masse d'objets échangeables (il ne fait que reprendre l'optique quantitativiste); mais s'il reconnaît que cette situation est plausible d'un point de vue économique, il rappelle que la monnaie est aussi un phénomène social et que la confiance qu'on lui accorde doit reposer sur un certain nombre d'éléments. Il développe ainsi l'hypothèse (interactionnistes) selon laquelle les premières monnaies seraient issues de parures (or, bijoux,...) qui ont pour caractéristique essentielle de lier les individus les plus importants et le reste de la société (on admire les parures des chefs mais les chefs dépendent de l'admiration de leurs subordonnés, le thème de la parure est probablement le point central de toute la sociologie de Simmel) et constituent donc un prélude aux futures transactions monétaires.

Avec le 19ème siècle et l'élargissement des marchés, on confronte de plus en plus d'individus qui ne se connaissent pas (ou qui échappent aux "relations communautaires") et peuvent donc se tromper ou se voler mutuellement. Il faut donc que la monnaie conserve une "valeur substance" ou, en son absence, qu'il existe d'autres éléments sociaux qui pallient cette absence de valeur propre de la monnaie : le droit, les structures sociales,... (on peut par exemple se rappeler le rôle de l'appartenance à une secte dans les relations commerciales américaines selon Max Weber. C'est un problème qu'on a retrouvé avec la mise en place de l'Euro et qui subsiste dans le cadre des relations monétaires et financières internationales. Lié à l'essor international de la monnaie se trouve posé le problème d'une hypothétique "société internationale").

Conclusion


Simmel a donc essayé de présenter les diverses conséquences, souvent opposées, de l'essor de la monétarisation de la société, conséquences qui restent actuelles. L'argent favorise la liberté individuelle, la vie des minorités, les échanges entre les individus mais il tend à tout soumettre à son propre pouvoir, à éliminer les communautés et un certain nombre de valeurs, à développer un "relativisme" excessif et dangereux et le cynisme des individus, enfin à développer des relations sociétaires et marchandes qui, si elles libèrent les individus d'une tutelle personnalisée, les rendent dépendants d'autres groupes et des choses en général.

La question essentielle que se pose Simmel, et là il retrouve son rôle de philosophe, c'est de savoir comment l'individu peut retrouver son autonomie. Il ne peut le faire qu'en reliant ce qu'il appelle la "culture subjective" (ce que l'individu fait et connaît) et la "culture objective" (l'ensemble des créations de l'humanité), c'est à dire par un développement culturel personnel.
(source: http://www.ac-orleans-tours.fr )

_________________
«Rien n'est plus proche du vrai que le faux.»
[ Albert Einstein ]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://matheux.jeun.fr
 
"PHILOSOPHIE DE L'ARGENT" DE GEORG SIMMEL
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Astrum Argentum ("étoile d'argent")
» (-329) avant J.C "boucliers d'argent" observation d'Alexandre Le Grand
» un peu de philosophie " les yeux pour pleurer "
» Michèle Alliot-Marie (tête de liste UMP dans le Sud-Ouest) : "Si je suis élue députée européenne, je vais perdre de l'argent".
» Cannes - 2 collégiennes se prostituent "pour le fun" et "pour l'argent"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Mahteux :: (¯`·._.·[ La Littérature ]·._.·´¯) :: Les Romans littéraire-
Sauter vers: