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 L'Avare (de Molière) : Synopsis+Critique+...

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ZAKARYA
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MessageSujet: L'Avare (de Molière) : Synopsis+Critique+...   Sam 22 Aoû - 12:16

Avare (l’)


AVARE (l’). Comédie en cinq actes et en prose de Molière, pseudonyme de Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), créée à Paris au théâtre du Palais-Royal le 9 septembre 1668, et publiée à Paris chez Jean Ribou en 1669.

Le succès de l’Avare est posthume. Alors que, dans les registres de la Comédie-Française, cette pièce occupe la deuxième place (2 078 représentations de 1680 à 1963) de la statistique moliéresque derrière le Tartuffe, l’accueil des contemporains fut nettement plus frais: une médiocre recette de 1 069 livres le soir de la première — à titre de comparaison, la première de l’École des femmes avait rapporté 1 518 livres —, neuf représentations seulement en un mois. Grimarest, le biographe de Molière, avance une explication: «La prose dérouta les spectateurs.» Il est vrai que la grande comédie, dans son effort pour conquérir la respectabilité dramatique, se plie aux normes du modèle tragique — cinq actes en vers —, mais la prose de Dom Juan n’avait nullement, en 1665, rebuté le spectateur. Lassitude du public? Molière vient de donner, cette même année 1668, Amphitryon en janvier et George Dandin en juillet. En tout cas, si un espoir de remontée subsistait pour l’Avare, il fut balayé par le triomphe du Tartuffe enfin autorisé au début de 1669.

Les sources de l’Avare étaient trop «classiques» ou apparentes pour que la pièce pût espérer un succès de scandale. Molière s’inspire largement de l’Aulularia [la Marmite] de Plaute, dont il avait déjà imité l’Amphitruo quelques mois auparavant. Au dramaturge latin, il demande le personnage du ladre (Euclion) qui cache un trésor puis se le fait voler par un esclave, celui de l’amoureux accusé du forfait mais croyant qu’on lui reproche d’avoir ravi le cœur de Phédrie (fille d’Euclion), les mots fameux de l’acte I: «les autres [mains]» et le «sans dot». Molière a trouvé chez son confrère Boisrobert — la Belle Plaideuse (1655) — la scène où sont mis en présence le père usurier et le fils emprunteur, ainsi que l’idée de compter dans la somme prêtée tout un lot de marchandises inutilisables. On cite encore, pour le rôle de Frosine, la Dame d’intrigue de Chappuzeau (1663) mâtinée des Suppositi de l’Arioste (1509). Autant d’apports utiles à repérer, non pour minimiser mais pour faire au contraire ressortir l’originalité de Molière dans leur mise en œuvre et leur synthèse: l’Avare est plus que la somme des éléments qui le composent.

Synopsis

Valère, gentilhomme napolitain, s’est mis — en qualité d’intendant — au service d’Harpagon, «l’Avare», dont il aime la fille Élise. Les deux jeunes gens viennent de signer en cachette une promesse de mariage. De son côté Cléante, le fils d’Harpagon, est tombé amoureux de la jeune Mariane. Mais «l’Avare» révèle des intentions bien différentes: il entend se réserver Mariane et donner sa fille au vieux seigneur Anselme parce que ce dernier est prêt à l’épouser sans dot (Acte I).

Cléante, dans son besoin d’argent, a pris contact par un intermédiaire avec un usurier aux exigences exorbitantes. Lorsque les deux intéressés se rencontrent, ils reconnaissent avec indignation dans l’autre, qui son père, qui son fils, et se séparent sur une violente altercation. L’entremetteuse Frosine vient alors entretenir Harpagon des progrès qu’il a faits grâce à elle dans le cœur de Mariane: mais, malgré toute son habileté à flatter, elle ne tire de lui aucune gratification en retour (Acte II).

Harpagon a décidé de recevoir à dîner Anselme et Mariane: il donne à son cuisinier-cocher, Maître Jacques, des consignes de stricte économie pour le repas. Valère — par tactique — l’approuve, mais maître Jacques explose et rapporte à Harpagon les moqueries que lui vaut partout son avarice. Sa naïve franchise lui attire des coups de bâton dont il veut se venger sur Valère, mais celui-ci redouble la leçon. Mariane rend visite à la famille: l’accueil grotesque qu’elle reçoit d’Harpagon et la générosité qu’aux dépens de son père lui manifeste Cléante accroissent son aversion pour le premier et son inclination pour le second (Acte III).

Harpagon, par ruse, fait avouer à Cléante qu’il aime Mariane; le vieillard prétend imposer ses droits. Une pseudo-conciliation tentée par maître Jacques n’aboutit qu’à aggraver la rupture entre le père et le fils. Sur ces entrefaites, La Flèche — valet de Cléante — s’empare de la cassette où Harpagon cache son trésor: désespoir de l’avare quand il découvre le vol (Acte IV).
Une enquête est ouverte. Maître Jacques incrimine Valère. Celui-ci, pensant qu’on lui reproche son engagement secret avec Élise, plaide coupable. Il révèle cependant sa naissance aristocratique et les péripéties de sa jeunesse: Mariane à ce récit reconnaît en lui son frère, et Anselme son fils. Cléante obtient d’Harpagon la main de Mariane en échange de la cassette, tandis qu’Élise est assurée d’épouser Valère (Acte V).


Critique


Comme la plupart des autres pièces de Molière, cette comédie met en scène une intrigue sentimentale entre des jeunes gens dont les projets sont contrariés par l’opposition d’un père. Mais chacun des deux éléments constitutifs — l’amour et l’obstacle — prend ici un relief particulier qui donne au traditionnel conflit une violence nouvelle. Une des originalités de l’Avare tient à la présence insistante du romanesque, que dès ses débuts Molière avait pourtant minimisée: dans l’École des femmes, il avait supprimé l’un des deux couples d’amoureux du canevas italien; dans le Tartuffe, seul un couple comptait sur les deux évoqués; ici, les deux intrigues — celles de Valère avec Élise et de Cléante avec Mariane — sont d’égale importance et occupent d’ailleurs les deux premières scènes de la pièce. Le langage des amoureux, mais aussi les péripéties traversées nous renvoient aux personnages de roman: Élise arrachée à la fureur des eaux, un seigneur napolitain déguisé en intendant pour s’introduire chez sa belle, le même rescapé d’un naufrage, Mariane prisonnière des corsaires, un père qui refait surface à point nommé, une chaîne de reconnaissances miraculeuses. À l’opposé du providentialisme sentimental, l’univers sordide d’Harpagon, doublement avare — au sens français de ladre et au sens latin de cupide. Il n’a plus l’humanité d’Orgon, qui prenait au moins un être vivant pour objet de sa passion: l’aliénation prend maintenant la forme d’une chosification. Harpagon «est» sa cassette, de sorte que la lui dérober revient à lui prendre la vie, et il se considère comme «enterré» (IV, 7) aussi longtemps qu’elle aura disparu de son trou. L’argent rend l’avare étranger au monde, à soi — Harpagon dans son délire se saisit le bras et veut se faire donner la question — et finalement à l’argent même: «Il faut bien que je touche quelque chose», s’exclame Harpagon à propos de la dot de Mariane (II, 5), mais l’argent est précisément ce à quoi il ne saurait jamais toucher.

De cette pièce très dure, où le conflit des générations s’exprime en souhaits réciproques de mort, il faut néanmoins maintenir qu’elle est une comédie. «D’un bout à l’autre», note la chronique de Robinet au 15 septembre 1668, elle «fait rire»: non seulement par la fouille grotesque de La Flèche (I, 3), les coups de bâton tombant à répétition sur les épaules de maître Jacques (III, 1 et 2) ou le quiproquo magistralement entretenu sur la nature du délit (V, 3), mais par les constantes contradictions et bévues d’un protagoniste qui fait tout tourner au détriment de ses intérêts pécuniaires (il est le premier à dire qu’il a de l’argent caché) ou amoureux. Du point de vue de l’interprétation, Louis de Funès a ici raison contre Jean Vilar.



G. FERREYROLLES




Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. "Dictionnaire des oeuvres littéraires de langue française." © Bordas, Paris 1994

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[ Albert Einstein ]
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